Questionnaire « urbanisme et agriculture » Mr Franck Caramello

 

Questionnaire « urbanisme et agriculture » proposé à Mr Franck Caramello,

candidat à la Mairie du Castellet.

Préalable : nous attendons de vous des engagements précis et non des déclarations de principe.

1) Généralement, quelle politique en matière d'urbanisme défendez-vous pour
notre commune ?

Il s’agira tout d’abord de réviser le PLU pour redéfinir zone par zone les conditions de la
constructibilité. Nous minimiserons l’emprise au sol, réduirons les hauteurs de construction et
travaillerons sur les limites parcellaires. Il n’est plus question d’accepter ce que l’on nous a
imposé au Plan, des immeubles qui sont des réussites en matière d’esthétique mais des
erreurs en matière d’urbanisme ; le R+3 de Terra Uva est en incohérence avec le type
d’architecture du village à R+1 ou R+2. Nous ne voulons plus de cela, ni au Brûlat, ni à Ste
Anne, ne parlons pas du Castellet-village qui doit rester un milieu protégé voire figé. En
revanche, il existe un lieu qui a été oublié de l’urbanisation depuis toujours, qui est le Camp,
et c’est LE lieu du développement économique, urbain et social dans la commune. C’est dans
cette optique là que l’on veut réviser le PLU. Nous limiterons les hauteurs à 7 mètres donc à
R+1, et là mon statut d’architecte m’avantage : je sais que ce sont le R+2 et R+3 qui
représentent la marge bénéficiaire des promoteurs. Du coup, les promoteurs iront investir
ailleurs. Ce que je cherche, ce sont des investissements dans le monde du travail, dans la
pépinière d’entreprises, et ça, au Camp, nous pouvons le faire. Je veux aussi favoriser le fait
que les Castellans puissent faire des opérations immobilières privées, à petite échelle, pour loger leurs enfants quand par exemple ils possèdent des terrains divisibles, ceci afin d’éviter
de les voir quitter la région. Des incohérences de vie quotidienne sont générées par
l’urbanisme et son impact violent.

2) Quelles sont précisément les zones que vous entendez réserver à
l’urbanisation ? Dans chaque hameau ?

Nous avons obligation de respecter la loi SRU qui indique que l’on ne doit pas favoriser « le
mitage » mais reconcentrer les nouvelles constructions dans la ceinture des hameaux, pour
des raisons de transport et environnementales (utilisation des réseaux déjà existants). Si nous
laissons le mitage s’opérer, nous favorisons des assainissements non-collectifs qui impactent
les nappes phréatiques et nous affectons l’environnement pour amener les réseaux (poteaux,
tranchées…), polluant le paysage public. Cette politique doit être menée dans chaque
hameau. Le Camp a sa spécificité : les PRL (Parc Résidentiel de Loisirs) ne sont pas de l’urbain,
ce sont des emplacements avec des constructions qui n’en sont pas de vraies et des
cheminements qui ne sont plus aux normes actuelles. C’est là-haut qu’il faut urbaniser.

3) Comment entendez-vous préserver les zones agricoles ?

Nous allons les développer et pas seulement les préserver ! Il est logique de devoir compenser
la perte de zones agricoles attribuées à la construction par le déblocage de zones naturelles,
mais fait de façon non-sincère comme jusqu’à ce jour en proposant à l’agriculture des zones
naturelles inaccessibles, c’est un leurre. Sur le papier, on a de la zone agricole, mais une zone
non accessible, trop pentue… ne sera exploitée par personne ; le problème de l’irrigation est
primordial aussi selon la culture. La vigne a une haute importance chez nous, ne serait-ce
qu’historiquement et culturellement mais pensons aux autres cultures possibles. Sur le haut
de la commune, nous avons des espaces boisés classés qui n’ont pas d’intérêt écologique
primordial, qui pourraient être mutés en un nouveau type de zone agricole et forestière avec
des essences forestières compatibles avec la forêt primaire de chênes. Pourraient y être
plantés des oliviers, des amandiers, des essences qui favoriseraient la biomasse. La garrigue
pourrait être reboisée. Pensons que l’agriculture est un rempart naturel à la propagation des
incendies. La culture maraichère a son intérêt bien entendu. D’autre part, à travers son PLU,
une commune peut aussi être amenée à imposer des choix, ceci est à travailler avec les
services de l’Etat : le bio, la permaculture. Le passage total au bio, qui peut effrayer, pourrait
faire l’objet d’une concertation avec les agriculteurs lors de tables rondes. Je n’ai pas une
culture précise en ce domaine mais une curiosité et une volonté qui pourraient amener la
commune à être un accélérateur de changement.

4) L’Etat instaure une ZNT de 10 mètres autour des parcelles agricoles à
proximité d’habitations. Quelle est votre position à ce sujet ?

N’étant pas engagé dans une démarche de politique politicienne comme vous le savez, je dis
que c’est une plaisanterie ! si c’est pour mettre 10 mètres, mieux vaudrait ne pas imposer de
zone à ce compte-là ! Nos écoles sont assez bien protégées des zones agricoles,

heureusement ! Des lobbies sont intervenus à l’échelle nationale, qui ont ramené les
distances à des niveaux ridicules à mon point de vue. Il faudra travailler avec un juriste pour
trouver la solution et pouvoir contraindre, car là on est dans le domaine de la santé publique,
quitte à prendre des arrêtés un peu fantaisistes pour attirer l’attention et être dans une
démarche pro-active. En ce qui me concerne je n’exposerais pas mes enfants à ce risque –là,
j’applique le principe de précaution.

5) Dans le PLU en cours de révision comptez-vous transformer certaines zones
urbanisables en zones agricoles ? Lesquelles?

Je n’ai pas encore défini précisément ce zonage-là. J’aime beaucoup les zones UM (à
urbanisation modérée) pour ces zones périphériques qui n’ont pas trop de raison d’être
bâties, loin des cœurs de hameaux. Ne restent alors constructibles que les terrains qui ont été
précédemment bâtis légalement. Il faut prouver alors l’existence légale de son bâti. Ceci
permet d’agrandir jusqu’à 30% sans dépasser un certain plafond de superficie. Il est aussi
possible dans ce type de zone de favoriser l’exploitation agricole.

6) En viticulture, les relations exploitants-riverains sont souvent complexes. Vous
pencherez-vous sur cette question ?

Ca découle de la ZNT, des horaires de travail des agriculteurs etc…. ce n’est pas forcément un
sujet sur lequel la commune doit « légiférer » .Mais dans le cadre de la concertation, la
commune-médiatrice est une idée intéressante aussi. Je garde ce sujet en tête, il est
certainement à approfondir !

7) Quelle est votre position concernant la loi ALUR , le contrat de mixité sociale
signée par la commune et qui serait renouvelable dès fin 2019?

On applique ce pourcentage de 25% de logements sociaux au bâti existant alors qu’il ne
devrait être appliqué qu’au flux donc à la création de logements. Je ne comprends pas que les
maires de France ne se battent pas contre cela. C’est une loi aveugle finalement qui ne prend
pas en considération que chaque commune n’a pas les mêmes besoins, les mêmes impératifs,
les mêmes capacités à répondre à cette obligation. Aujourd’hui la commune est déficitaire de
500 logements sociaux mais ce n’est que sur le papier car les 500 logements nous les avons
au Camp mais ils ne sont pas comptabilisés. Et nous payons une pénalité de plus de 100.000
euros cette année. Il faut faire correspondre l’administratif à la réalité, l’Etat doit reconnaitre
que nous avons des logements sociaux ! Nous n’avons pas d’autre choix que de signer à
nouveau le contrat de mixité sociale mais nous pouvons demander à ce qu’il soit amendé, il
nous permettra de réduire la pénalité mais que les objectifs posés soient atteignables par le
biais de la Bergerie. La non-signature de ce contrat nous expose au risque de reprise de
tutelle de la préfecture sur l’urbanisme qui pourrait à nouveau signer pour nous des projets
immobiliers d’envergure. Et dans une démocratie, il doit être possible d’échafauder avec les
services de l’Etat le contenu de ce contrat !

8) Quelle place pour les logements sociaux dans la politique que vous entendez
mener ? Quels types de logements sociaux ? Où ?

Je souhaite du logement social individuel, pas d’opérations d’ensembles ou seulement au
Camp afin de donner une structure urbaine. Il y faudra une micro mairie annexe, du co-
working, du relais municipal, une MAMI (Maison d’Accueil Multi services
Intergénérationnelle).

9) La Bergerie : votre position sur la situation actuelle, les solutions adoptées par
la Commune à ce jour, vos intentions ?

Je ne VEUX pas vendre, c’est un bien collectif, des familles ont une histoire dans ce lieu, je
veux pouvoir préserver le plus grand nombre, certains pourront acheter s’ils le souhaitent à
un prix cohérent et la majorité des habitants devront migrer vers des logements sociaux.
Aucune solution n’est abordée par la commune à ce jour. IL y a 3 ans un collectif d’habitants
de la Bergerie a proposé un rachat à 10 millions d’euros, la commune ne leur a même pas
répondu, aucun investissement, pas de travaux pour la commune pourtant ! Et maintenant la
mairie propose de vendre à 4.5 millions avec 15 millions de travaux !!! Vous connaissez ma
nature réactive, on nous prend pour des idiots. Ma solution : on ne vend pas ou peu, aux
personnes solvables et au prix juste, on crée un bailleur social communal pour garder la plus
grande part d’attribution des logements et on construit nous-même les logements sociaux.
Nous avons les moyens d’investir et les taux d’emprunts sont au plus bas. Et dans le cadre de
la révision du PLU nous faisons en sorte de basculer les zones de PRL en zones de résidences
principales. Ainsi on remet la Bergerie à un niveau de vie décent et d’un gouffre financier on
crée une source de revenus. Il y a des tas de solutions possibles à la Bergerie. Par ailleurs, le
SCOT cercle la zone du Camp comme à urbaniser en priorité. J’affirmerai mon opposition à la
LGV, caprice d’un élu local . Et c’est ce que je ferai valoir auprès du préfet, la réserve LGV
résistera-t-elle face aux impératifs légaux de fournir du logement social ? Le préfet ne peut
pas nous reprocher de ne pas faire les choses et en même temps nous empêcher de les faire !
Il faudra du temps, 2 à 3 ans pour la révision du PLU donc il faudra mettre en place une
convention légale provisoire auprès des habitants de la Bergerie avec obligation de paiement
des charges et d’un loyer justifié.
(nldr : Mr Caramello a aussi abordé le sujet de la Bergerie sous d’autres angles, locations
illégales de chalets, APL, Veolia etc… que nous ne rapportons pas ici car ils sortent du champ
de compétence de notre association. Se rapprocher de lui pour plus d’informations)

10) Le Camp plus généralement ? quel avenir à ce hameau ?

Les résidents du Camp sont tout à fait favorables à l’urbanisation de ce lieu, c’est une
véritable reconnaissance pour eux. Pour l’instant, je n’y envisage pas d’école, n’ayant pas en
mains une étude complète de la situation. Cf réponses aux autres questions.

11) Les décharges sauvages, la Capucine, le Camp. Qu’envisagez-vous ?

La loi, et sans réaction, la presse ! Là encore, le maire actuel nous dit être en colère mais
qu’est ce qui a été fait pour faire respecter la loi ? Si je suis maire et en cas de persistance de
cette situation, je prends mes adjoints, mes élus, de la population , les gendarmes et Var
Matin et je me mets au milieu ! Si l’on ne demande jamais rien, on est le dernier à être servi !
Il faut avoir une démarche volontaire. Ce qui a vraiment pêché au Castellet depuis des
années. Voilà pourquoi j’ai souhaité qu’aucun élu de la précédente équipe ne soit sur ma
liste, ne pas avoir à rendre de comptes à ces gens-là, ne pas être contraint par des habitudes
qu’on risquerait de m’imposer.

12) Le PLU est en cours de révision actuellement. Quelles modalités concrètes
d’information et de participation des citoyens à la définition du PLU et à la
politique d’urbanisme entendez-vous mettre en place ?

La consultation est obligatoire dans le cadre de l’enquête publique. On peut mettre en place
des réunions d’information et de concertation au préalable comme pour le SCOT. On ne fera
peut-être pas l’unanimité si on empêche certains de vendre leurs terrains à un prix très
intéressant pour eux. Je prends le risque de les froisser. Mais c’est un travail sur le long
terme, une nécessité environnementale pour la préservation de notre cadre de vie.

13) En matière d’urbanisme et d’agriculture, selon vous, quel doit être le rôle de la
commune et quel doit être celui de la communauté d'agglomération Sud
Sainte Baume ? Etes vous favorable à un PLU i (PLU intercommunal )?

Surement pas de PLU i, je ne veux pas qu’on vienne me dire chez moi ce que je dois faire. Et
n’oublions pas que nous n’avons que 3 sièges dans la communauté d’agglomération, nous
n’existons pas depuis que nous n’avons plus la présidence. Il faut préserver la gestion
communale du PLU.

14) Quelle est selon vous la place qu’il convient de donner en matière de
construction aux promoteurs, à la demande individuelle, à aux initiatives
communales ou intercommunales?

Si le projet d’un promoteur est à l’échelle du hameau pourquoi pas ? La guerre est à mener
contre un certain type de projets. Une information importante : l’article 11. A ce titre les
maires peuvent refuser un permis en précisant qu’il ne convient pas au type d’environnement
urbain de la commune. C’est ce qu’on aurait dû faire valoir au Plan avec Terra Urba. Cet
article est applicable sur les prochains projets. Ceci dit cet article résiste mal au Tribunal
administratif en cas de contentieux. C’est le PLU en emprises, hauteurs etc… qui va
décourager beaucoup de promoteurs. L’initiative individuelle est à favoriser. Mais le cadre
sera le même pour tout le monde ! Là aussi on peut consulter la population, les associations ont leur expertise et sont légitimes à être consultées prioritairement. Ce qui n’empêche pas
que l’on consulte l’individu.

15) Le préfet veille à ce que la loi ALUR soit respectée avec une construction
rapide de 25% de logements sociaux. Des pénalités sévères peuvent être
imposées aux communes le cas échéant. Comment envisagez-vous cette
situation ?

Nous jouerons le jeu de nos obligations légales mais à la façon qui nous conviendra. Nous
payons l’inaction des années précédentes. Le plateau du Camp doit devenir la solution. Le
préfet ne peut nous imposer que l’objectif, pas la façon d’y arriver. A nous d’être inventifs !

16) Quelle politique en matière de développement durable ?

Il n’y aura pas d’adjoint à l’environnement, c’est le meilleur moyen d’oublier d’en faire. La
préservation de l’environnement sera associée à toute décision. Les Castellans sont obligés de
se déplacer pour aller travailler. Les classes du collège ne sont occupées qu’à 40%. Pourquoi
ne pas favoriser l’intégration de classes de lycée au collège pour éviter les déplacements ?
Des panneaux photovoltaïques en toitures devront être développés. Entre autres, sur le
Camp, en milieu non urbain, on ne pourra pas nous reprocher le manque d’esthétisme !

MERCI, MR CARAMELLO, DE VOUS ETRE PRETE A CET EXERCICE !

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